Leginews – les équipements obligatoires de l’appartement loué meublé
07/03/2016
Chercher un emploi à Paris
06/04/2016
Tous

Le pot du bonheur

J’écris ce post comme un flux de conscience, un peu incohérent, sans queue ni tête, mais si vous arriverez à me suivre jusqu’à la fin vous verrez que vous trouverez vous aussi le fil rouge…

Cela faisait quelque temps que je voulais écrire ce post qui s’éloigne un peu des articles que j’écris habituellement. Depuis quelque temps j’avais besoin de vous raconter comment ma vie a changée après le 13 novembre (pas finie ou bloquée, tout simplement changée…). Je voulais vous raconter de comment j’avais décidé de réagir au ridicule des vigiles qui gettent un coup d’œil furtif à mon sac à n’importe quelle entrée (la poste, les magasins, les bureaux, etc…), ou de ceux qui m’obligent à ouvrir ma veste, juste comique quoi… Je voulais vous raconter de comment j’ai remarqué certains automatismes qui se sont bien installés dans mon cerveau, genre celui d’identifier les sorties de secours chaque fois que je sors, ou celui d’imaginer pendant une fraction de seconde les coups de feu et la confusion pendant que je sirote un verre en terrasse avec mes copains… comme ça, juste pour étudier une éventuelle stratégie de fuite…

Je voulais vous raconter de comment j’ai remarqué que ces mécanismes étaient en train de m’éteindre en profondeur, de manière sournoise, et de comment j’ai voulu réagir, me donner la force, lutter contre tout ce qui est moche au monde et enfin retrouver une espèce de sérénité… je voulais vous le raconter et vous parler, au contraire, de bonheur, de poésie et de beauté, mais je ne savais pas quand, et puis… Bruxelles.

Je ne veux pas m’habituer à ça, sinon je serais allée vivre à Tel Aviv bordel !
me dit au téléphone avec une voix cassée ma copine qui, heureusement, est bloquée dans les bureaux de la Commissions européenne et elle n’est pas dehors. Mais malheureusement, mon amie et soeur, on doit s’habituer si on veut survivre, c’est évident désormais. On n’a pas encore complètement fait face au choc précédent que l’on doit en affronter un autre tout aussi énorme, et alors notre cerveau élabore l’énième information et nous dit
Ok, maintenant il est clair que ça va durer un bout de temps. Il vaut mieux accepter les faits et déconnecter un peu de la réalité sinon tu ne vas pas y arriver là
.

Et alors je pense que c’est le bon moment pour écrire ce post contre le moche, contre l’horreur, contre l’ignorance… pour me donner la force et recommencer le parcours depuis le début, pas après pas, phase après phase.

J’ai toujours été quelqu’un de positif et solaire, et dernièrement particulièrement fatiguée de tout ce pessimisme et négativité, fatiguée de l’absence de poésie, des personnes prêtes à tout pour tout transformer en polémique stérile, alors qu’on vit dans un moment historique où la seule chose dont on aurait besoin c’est d’être forts, optimistes et d’aller vers les autres, sans perdre de temps en bêtises !

C’est comme par exemple ce soir-là où, vautrée dans mon canapé, j’ai lu cette histoire pleine de poésie de cet enfant qui invente un nouveau mot (comme tous les enfants font), de l’idée de sa maîtresse d’écrire à l’Accademia della Crusca (l’équivalent de l’Académie de France en Italie) et de la réponse de l’Académie (info pour les français: ça s’est passé en Italie, UNE APERÇUE ICI)… j’ai lu l’histoire magique de comment un enfant apprend la naissance d’un mot, j’ai chaud au coeur pour une histoire si simple, si belle, et puis… la cata… la poésie n’aurait duré que 24h, suivie par les commentaires odieux, envieux et inutiles sur les réseaux sociaux, la transformation en cas médiatique, les fausses informations inventées par les journalistes et pour conclure, le père de l’enfant qui fait enregistrer la marque avec ce nouveau mot (à des fins associatifs, on dit…). Mais ça ne pouvait pas rester une simple et très belle histoire lue sur mon canapé un soir ? Cela ne pouvait pas rester un petit exemple de beauté auquel penser pendant les mauvais moments comme celui-ci ? Et bah… non…

Alors un jour j’ai décidé que je voulais me concentrer sur autre chose, je l’ai toujours fait après les gros coup que j’ai enduré, j’ai toujours avancé, mais puisque celui-ci est assez énorme comme coup, il fallait quelque chose de très très symbolique : je vois passer la photo du pot du bonheur quelque part et je comprends que ça va être ça ma thérapie, notre thérapie ! Qu’est-ce que c’est ? Simple : nous avons acheté un pot en verre (très grand car on reste quand même forts et optimistes !) et on met dedans des post-it avec nos petits ou grands moments de bonheur que l’on vit, pour s’en souvenir, car

Verba volant, scripta manent
.

Et à la fin de l’année, en relisant tous nos moments de bonheur, on s’apercevra que malgré le fait que tout autour c’est moche, malgré l’idiotie humaine et l’horreur, le bonheur est toujours là, à portée de main, il faut juste le chopper et surtout le conserver pour les moments difficiles… comme celui qu’on vit actuellement… et comme beaucoup d’autres que, malheureusement, suivront…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.