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Au secours le médecin !

Je préfère dire tout d’abord que ce post, comme d’habitude, est totalement personnel et qu’il n’a aucunement pour but de représenter une quelconque vérité. J’ajouterais que je l’écris dans l’espoir de m’entendre dire: “Mamma mia! Mais tu as eu vraiment la poisse!”, parce que cela voudrait dire que me sont arrivées toutes les exceptions possibles ! Et je finis en répétant que l’objectif du post (et du blog) est de vous faire rigoler sur mes tragédies de pauvre rital fraîchement débarquée à Paris il y a longtemps. 🙂

Un des problèmes principaux à affronter quand on est émigrés c’est le fait de se retrouver complètement seuls et devoir tout recommencer du début : choix du médecin traitant comprise ! Mais comment faire quand, arrivés en terre étrangère, on ne connaît personne ? Mon premier instinct a été, bien sûr, celui de chercher sur les pages jaunes pour en trouver un dans mon quartier… Italiani pocket avec tous ses liens et infos utiles n’existait pas à l’époque ! Ehehehehe! :-p

Ce post parle donc des spécimens rencontrés, de médecin un peu bizarre et d’autre carrément fous !

Le fou des brevets 

La première rencontre fut avec le Docteur X, à première vue une personne des plus normales et professionnelles. J’entre dans la salle d’attente, puis dans le cabinet. Le type me fait l’ordonnance dont j’ai besoin et puis, au moment où j’allais lui demander de devenir mon médecin de famille, me montre sa face cachée !

Ce fou commence à bavarder sur l’une de ses présumées inventions en attente de brevet et tout exalté par ses explications, tourne vers moi l’écran de son ordinateur et me montre un document PowerPoint détaillé de son invention:

Mademoiselle se souvient-elle de ce qui arrive à la moquette aux bords des portes ? Qu’est-ce qui arrive ? Réfléchissez-y… A un certain moment, la moquette se décolle ! Mais moi qui suis un génie, j’ai inventé un petit morceau de plastique qui la maintient au sol aux bords des portes et l’empêche de se soulever !
… Gros sourire, attente spasmodique d’un  soutien de ma part…

…Et moi:

Waouh ! Incroyable ! Quel génie!
 tandis que je ne songe qu’à m’échapper !

Le type, excité par tant d’enthousiasme, se lève et me dit:

Venez, venez voir ! – et il m’ouvre une porte à côté du cabinet médical, un débarras à demi vide, me le montre victorieux et me dit – Vous voyez cette pièce ? Ce sera ma boutique ! J’attends seulement que quelqu’un m’achète le brevet de cette idée géniale et puis, adieu, tout le monde !!!  Je viendrai  ici une fois par mois et le reste du temps je le passerai en vacances avec tout l’argent que je me serai fait. C’est pas du génie ?

Je le regarde, sourire figé,  lui souhaite bonne chance pour tout et prend mes jambes à mon cou ! Heureusement que je n’y étais allée que pour une ordonnance!

Le fou au cigare 

Quelques mois plus tard, j’ai de la fièvre et ai besoin d’un arrêt de travail. Je décide de recourir de nouveau aux pages jaunes en évitant le Docteur X… Et je tombe sur le Docteur Y ! 

Toute en sueur à cause de la fièvre, prise d’accès de toux et l’air d’un zombie, j’arrive chez ce fameux docteur: cabinet propre (c’est déjà ça), bâtiment chic, je m’installe sur le divan d’examen, j’enlève mon haut et le médecin s’approche pour m’ausculter… un cigare allumé à la bouche !!!!!

Il me dit: “Respirez” et moi, en moi-même, je me dis: “Mais que diable dois-je respirer ! Ton cigare puant ?!!”.

Je me coltine 10 minutes de torture, je prends mon certificat et m’enfuis en me disant que ce n’est pas possible, qu’ils ne peuvent pas tous être comme ça!

Le fou à la jambe de bois 

Heureusement des années s’écoulent sans que j’ai besoin de consulter les pages jaunes… Jusqu’au jour où j’ai rencontré le vainqueur de la palme d’or!!!

Le Docteur Z a son cabinet dans une rue un peu en mauvais état mais je me dis que, peut-être, ce ne sont que les apparences, car je reste toujours une optimiste quand même (pauvre moi !).

J’ouvre la porte, je traverse la cour en suivant la signalétique, je monte les escaliers en bois et en colimaçon qui craquent et sont en mauvais état et au sommet, au dernier étage, je vois un petit homme de 80 ans aux cheveux blancs, longs et gras qui me fait:

Ah mademoiselle, bienvenue ! Je suis le médecin, venez, venez donc !

Un frisson de terreur me traverse le dos…

Le petit homme, qui plus est a une jambe de bois, traverse le palier  et m’accueille, ouvre une petite porte et me fait entrer dans ce qui devrait être l’accueil… Et là, mon sang se glace.

J’entre dans un mètre carré de moquette nauséabonde, avec une borne d’accueil pleine à craquer de magazines très vieux et poussiéreux. Le petit homme, qui a entre autres choses cette puanteur typique de celui qui ne se lave pas depuis longtemps, ouvre une autre petite porte et me fait entrer dans son cabinet… Et là, j’ai envie de mourir.

Le cabinet est une pièce avec la même moquette nauséabonde, la poussière y règne en maître, le divan d’examen est recouvert de journaux et de magazines jaunis, le mur est plein de post-it et le bureau de ce fou est encombré de choses. Je n’ai même pas de place pour poser mon carnet de chèque.

Heureusement que la visite ne prévoit pas que ce machin me touche. Ce dernier me regarde, me fait une ordonnance, examine mon chéquier et me dit que si j’ai des espèces ce serait mieux.. Emh…oui mais non quoi !

Durant tout ce temps, soit les 10 minutes qu’a duré la visite, le petit homme n’a pas cessé de bavarder une seconde :

Où habitez-vous ? Dans quelle rue ? Ah, près de ce restaurant ! Il est bien ? Parce j’aimerais y emmener des amis. Vous êtes italienne ? Je connais tout le Nord de l’Italie…”
 et défile toute la liste des villes visitées..

Il me salue d’un:

Bien, si dans une semaine, cela ne va pas mieux, revenez me voir, je vous donnerai un autre traitement.

Je souris d’un sourire de circonstance et je me dis en moi-même: “Tu peux toujours courir !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!”

Heureusement qu’avec beaucoup de patience, et après en avoir testés beaucoup pendant des années, j’ai enfin trouvé le médecin qui me correspond et je le garde précieusement… jusqu’à quand je ne découvrirai qu’il est peut-être un serial killer ! :-p

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